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Pardon, j’ai menti, je recommence :

Quelques idées pour aller moins mal

 

Je ne vais pas m’étendre sur la douleur de l’absence…chacun vit cette perte à sa mesure.

Là où je suis, je n’ai vu d’autre planche de salut qu’un psy. Qui m’a annoncé qu’il n’y avait pas de solutions. A la bonne heure...

La solution, serait qu’Hélène revienne.

…..

Alors, quoi ? Aller de l’avant ?

Je crois, malheureusement, que c'est le principe de la vie !

Il faut donc continuer…Continuer. Continuer.

Mais, c’est tellement difficile. J'ai l'impression de devoir attaquer l'ascension du plus hauts des sommets, par temps de tempête, sans jamais avoir pratiqué l'alpinisme. Et pour gagner quoi au bout? Rien d'autre qu'une journée de plus, mais toujours pas d'Hélène.

Pas d’avant, pas d’après, et un instantané insoutenable...

Ca suffit !  C'est insupportable et ça ne peut pas durer !

Elle n’aurait pas voulu ça!

Mais qu'aurait-elle voulu ?

Si elle nous avait dit quoi faire, est-ce qu’on serait moins mal ?

Oui; je pense que oui.

Alors, il faut réfléchir à ce qu’Hélène aurait voulu que nous fassions. 

Sur le coup, j'ai trouvé ça impossible. Mais à bien y réfléchir, Hélène a laissé de nombreuses pistes qui peuvent nous éclairer. Perdue sans elle, alors que c'est moi la mère, j'ai décidé de me laisser prendre par la main, pour qu'elle me guide sur le chemin du deuil dans lequel je suis perdue.

C'est donc parti pour une liste des pistes que, j'imagine, Hélène me montre du doigt:

 

 

Sur son blog, Hélène a présenté :

-quelques livres. On peut les lire, et prolonger  ces lectures avec d’autres livres du même thème ou du même auteur.

-quelques films. On peut les regarder et prolonger encore avec d’autres films du même réalisateur ou sur le même thème.

-ses musiques. Oui, bien sûr, Lana Del rey ou les 1975. Voilà de quoi prolonger Hélène, puiser un peu de sa force, trouver des encouragements pour mettre un pied devant l’autre . Traduire les textes de Lana doit être une saine occupation. Les CHENLYM viennent de nous offrir un peu de l'univers qu'ils avaient bâti avec Hélène grâce à une playlist.

-Tout cela nous amène à la découverte de sa médiathèque préférée.

 

Sur son blog et sa page FB, Hélène a présenté:

 

-ses centres d’intérêt : Ils étaient nombreux. Dernièrement, elle se penchait sur « les sorcières ». En voilà une bonne idée à prolonger. Je vais m’atteler à la tâche en recherchant des procès pour sorcellerie…

-ses combats : il y en a tant, qu’il est possible de prolonger.  Son prof d'histoire qui comptait tant pour elle a écrit:

" Elle faisait partie de ces personnes qui, à mes yeux, rendent le monde meilleur, ou, du moins essaient de toutes leurs forces; et c'est déjà immensément beau"

-En effet, elle s’intéressait aux droits des femmes ( ou plutôt à ceux qu’elles n’ont pas) : est-il si difficile de suivre la direction qu'elle nous montre du doigt?

-Elle s’intéressait aux droits des étudiants et était syndiquée à la FSE. Ca aussi, c'est faisable. Se syndiquer, suivre les mouvements étudiants...

-Elle participait aux manifestations. 

 

Le sport.

Hélène faisait du sport : dernièrement , boxe et jogging.

A Lille, elle courait avec Benoit. Et elle devait courir avec Ilona.

A Saint Michel, elle courait avec Esteban, et avec sa moma.

Elle participait aux courses pour diverses causes: Odyséa pour le cancer du sein, la course en Or pour les cancers de l'enfant... 

Il faut continuer de courir. Pour elle, pour nous, pour avoir cette infime sensation de la retrouver à travers ces actes.

 

Que disent les psychiatres?

Ils parlent , entre autre, de rituels et des objets.

Les rituels

-Pas de passages réguliers au cimetière pour nous, Hélène sera inhumée trop loin. Alors il faut trouver un lieu dans lequel se recueillir, de manière régulière. Un lieu qu'elle aimait.

-Hélène se maquillaitTrès bien d’ailleurs. Elle utilisait un drôle d’ engin appelé «  recourbe cils ».

Alors, avis aux amateurs.  Tous les matins, j’essaie….le recourbe cils. Bon, je dois m’y prendre comme un pied parce qu’au résultat, on ne voit pas la différence. Mais, je le fais, et tous les matins. 

-Ses produits de beauté. Hélène avait ses habitudes dans un magasin bio de Lille: Avril. Dorénavant, Mélissa et moi nous équiperons au même endroit en tentant de nous maquiller un peu plus, comme elle,  pour elle, pour nous: qu'importe si cela nous soulage quelques secondes. C'est toujours ça de pris.

-L’écriture : Hélène écrivait beaucoup. Pourquoi ne pas écrire , nous aussi, nos pensées, ou simplement écrire à Hélène, tenir un journal, un hebdomadaire, lui écrire, mais régulièrement, en faire un rituel. Il parait que ça aide. Et ça ne coute rien d'essayer.

Personnellement, ayant la chance de disposer de près de 3000 SMS, j'ai entrepris de les copier pour en faire un livre. Un rendez-vous régulier qui m' a permis de tenir jusqu'à aujourd'hui.

-Les photos ou vidéos: Entre Instagram, FB, Whatsapp ou Snapchat, utilisés par Hélène, il est possible de ritualiser des moments: travailler régulièrement à la mise en page des textes et des photos pour en faire un album, classer les photos par thème ou encore, monter un diaporama...En voilà des rendez-vous réguliers à ritualiser. Tenir quelques semaines grâce à cela, peut en aider certains.

 

 

 

Les objets

- sa chambre: pouvoir s'y recueillir, réellement ou virtuellement ( nous allons mettre des photos sur le blog) peut aider. J’ai retrouvé un SMS où elle me conseille de m’installer à son bureau dans sa chambre, sachant qu’à certains moments de la journée, le soleil  chauffe le dos.

-Ses bagues : en avoir une sur un de mes doigts, c’est un contact permanent qui me fait un bien fou. Didier en a une autour du cou.

-Ses boucles d’oreilles : Mélissa et moi allons nous faire percer les oreilles de manière à pouvoir porter, en permanence, les boucles d’Hélène.

-Ses foulards : bonne idée d’en avoir toujours un sur soi.

-Ses peluches : Gilloux va partir avec Lucas, l’écureuil est entre les mains de Mélissa.

-Sa mappemonde : Louis l’a installée chez lui, dans son appartement ;

-Sa guirlande lumineuse, achetée à la brocante de Lille , avec Yann ou Noémie : Mélissa va décorer une partie de son salon avec. Cela la rassure.

-Les vêtements: Sofian attend un tee-shirt que je n’ai pas encore identifié.

Je vais me pencher plus rapidement sur ce tee-shirt .  Je viens d'apprendre que les objets sont essentiels afin que la perte matérielle ne soit pas totale.

 

Tout cela, ça n’aide pas à aller mieux. Je sais que je n’irai jamais mieux. On n’est pas mieux quand il manque une partie de l’essentiel.

Mais, pour l’instant, tout cela me permet d’aller moins mal.

Et les qualités propres à Hélène?

 

-sa gourmandise:

Hélène aimait bien cuisiner , mitonner des petits plats. Elle a laissé des livres de recettes et à Lille, dans sa cuisine, j'ai soigneusement conservé les recettes qu'elle avait tout aussi soigneusement notées. Ces derniers temps, c'était plutôt "vegan". 

Un repas à préparer, façon Hélène, c'est encore un moyen de lui rendre hommage et de rester , en contact.

-ses nombreuses attentions:

Pour ceux qui la connaissent, il y a toutes ses attentions.

A mon égard, elles se traduisaient par de nombreux SMS qui, dès le matin, demandaient :

« comment elle va, ma maman ? »

Il faudrait pouvoir lui répondre : « Ne t'en fais pas, je vais bien. »

Ce serait mentir. 

Il faut garder à l'esprit que, si elle savait le mal que son départ nous fait, ce serait ajouter à son malheur.

Si elle savait ses amis malheureux, elle serait tellement peinée.

Il faut donc chercher à aller, au mieux. Il faut  combattre la douleur.

C’est un combat, douloureux et quotidien. Dont l’intensité est à la hauteur de ce qu’Hélène était pour nous.

Hélène pratiquait la boxe : alors, je m'y mets aussi.

Mon adversaire? La douleur. 

J'imagine:

Le ring, la douleur, moi,  les cordes autour. J' enfile les gants, je sautille un peu sur place, je me protège un peu, et je lui taloche la tronche, à la douleur, jusqu’à la repousser de nouveau derrière les cordes.

Puis, je  vais renforcer moi-même les  cordes qui tiennent la douleur à distance :  un jogging, un foulard, un plat qu’elle aimait à cuisiner. Et j'y vais, je tisse, autour de moi,  autour de nous, cette barrière protectrice, à coup de souvenirs. 

Avant d'enfiler les gants de nouveau, face au prochain assaut de mon adversaire.

 

Bon courage à tous. 

 

Corinne ( Mama Show)

 

Tag(s) : #De l'aide sur le chemin du deuil.
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